1 janvier 2015 4 01 /01 /janvier /2015 01:30

En ce début de siècle,  les courses de chevaux ne sont plus une affaire de luxe, mais s'apparentent de plus en plus à être une entreprise commerciale souvent onéreuse. Ce n'est plus désormais un seul hobby pour rentiers fortunés s'amusant de leur spectacle. Cela devient une activité qui attirent de nouveaux propriétaires et éleveurs, notamment des propriétaires anglais et américains, séduits  par l'organisation et la dotation de nos courses.

 

EDMOND BLANC et WILLIAM-KISSAM VANDERBILT 

Ces deux propriétaires marqueront cette décennie.

Edmond Blanc, héritier d'une fortune confortable au décès de son père en 1877, commencera très rapidement à conquérir des titres importants, notamment avec NUBIENNE en 1879 qui gagnera le prix de Diane et le Grand Prix de Paris. Dix ans plus tard, il fera l'acquisition du haras de Jardy, dans l'espoir d'y faire naître des champions. Puis, à partir de 1901 il se dotera des écuries de La Fouilleuse qui bordent l'hippodrome de Saint-Cloud, à la tête desquelles il placera Robert Denman, et recrutera George Stern, un très jeune jockey de 17 ans. Il sera surtout celui qui déboursera une somme considérable en 1900 pour acquérir FLYING FOX (le vainqueur de la Triple couronne britannique) à l'occasion d'une enchère publique suite à la liquidation de l' écurie de course du Duc de Westminster. Celui-ci deviendra l'étalon-vedette du haras et sera à l'origine de lignées prestigieuses et produira pour le compte de son propriétaire-éleveur de grands champions comme AJAX, VAL D'OR et JARDY.

 

flyngfox

 

William-Kissam Vanderbilt, héritier du magnat des chemins de fer aux Etats-Unis, construira un centre d'entraînement sur un ancien champ de courses (Saint-Louis de Poissy), achétera le haras de Villebon puis transférera ensuite son important effectif vers le haras du Quesnay. Son entraîneur sera William Duke.

Particulièrement avisé dans ses achats, il saura acquérir des chevaux classiques à des prix fort raisonnables  comme MAINTENON, SEA SICK et NEGOFOL.

Il décédera en 1920, cinq mois avant Edmond Blanc.

 

Incontestablement, Edmond Blanc dominera ce début de siécle. En 1903, il placera même trois de ses représentants aux trois premières places du Grand Prix de Paris. Exploit inégalé..

En 1904, ce sera AJAX qui gagnera le prix Noailles, le prix Lupin, le Jockey Club et le Grand Prix de Paris. C'est un cheval qui n'a pas beaucoup couru mais qui n'a pas connu la défaite. Il n'a jamais gagné très facilement ses courses, mais il était reconnu comme un infatigable lutteurt doté d'un courage hors du commun.

En 1905, il sera parti pour réaliser une année exceptionnelle avec JARDY (prix Noailles, prix Daru), VAL D'OR (Poule d'Essai, prix de la Rochette) et GENIAL (prix Greffuhle, prix Lupin) mais malheureusement, l'écurie sera victime d'une épidémie de toux qui l'empêchera d'afficher une suprématie totale. Toutefois, JARDY, quelque peu épargné par l'épidémie, réussira à se classer second du derby anglais.

Ce coup du sort profitera à un certain FINASSEUR qui gagnera le Jockey Club, le Grand Prix de Paris et le prix du Président de la République.

 

Pour le compte de W-K Vanderbilt , William Duke entrainera quelques champions, notamment MAINTENON, un cheval atypique, très imposant, et difficile à entraîner. Pour autant, c'était une machine à galoper extraordinaire, à la fois endurante et véloce.  A son palmarès 11 victoires dont le prix Hocquart, le prix Lupin, le Jockey Club, le Président de la République, le prix du Conseil Municipal et le Royal Oak.

Il entraînera également PRESTIGE dont la renommée vaut plus par le nombre de ses victoires (16) que la nature des épreuves gagnées (ses origines étant trop modestes pour qu'il soit engagé dans les classiques). Au haras, il sera le père de SARDANAPALE, un crack qui gagnera les meilleures classiques en 1914.

 

 

ROI HERODE, UN ETALON OFFERT AUX ANGLAIS 

En 1908, Maurice Caillault, un propriétaire qui sera souvent dans les trois premiers du classement des propriétaires vendra en Irlande  ROI HERODE, un cheval dont le seul titre de gloire sera d'avoir gagné le Grand Prix de Vichy. Mauvaise intuition. Car ROI HERODE sera outre-Manche un étalon exceptionnel, considéré comme un chef de race. Il sera notamment le père de THE TETRARCH qui sera le meilleur 2 ans outre-Manche puis au haras, étalon tête de liste en 1919. 

 

thetetrarch

 

LA CAMARGO

Parmi les championnes de cette décennie, LA CAMARGO lauréate de la Poule d'Essai, du Prix du Conseil Municipal (2 fois), du prix du Cadran, du prix Vermeille et du prix Ganay sera celle  qui subsistera dans les esprits, ayant couru jusqu' à l' âge de 5 ans.. Elle sera aussi la grand-mère de MASSINE qui gagnera l 'Arc de Triomphe en 1924.

SEMENDRIA aura été également une très bonne jument qui aura réussi la Triple Couronne en 1900 (Poule d'Essai, prix de Diane, Grand Prix de Paris). Elle sera la grand-mère de LE TOURBILLON, lauréat du prix Exbury en 1927.

 

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1911-1920

 

 

 

 

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