15 janvier 2011 6 15 /01 /janvier /2011 10:45

4 décembre 1996

 

 

Terrain lourd et triste mine hier à Evry. L'hippodrome des Arcades vivait sa dernière réunion. La fermeture définitive avait été annoncée au mois de juin par le comité de France Galop (organisateur des courses de galop en France). Cependant, turfistes ­ très clairsemés hier, propriétaires, entraîneurs et jockeys n'arrivaient pas à croire à l'enterrement de l'un des huit hippodromes dits parisiens (Auteuil, Longchamp, Saint-Cloud, Chantilly, Enghien, Deauville et Maisons-Laffitte).

Pour le président de France Galop, Jean-Luc Lagardère, cette décision fait suite aux protocoles d'accord passés entre l'Etat et l'institution hippique, en 1992 et en décembre 1995. A cette époque, les courses vont très mal, avec un déficit de près d'un demi-milliard. Leurs dirigeants quémandent aides et soutien auprès des ministères de tutelle (Agriculture et Finances). Ces derniers exigent en contrepartie que l'institution hippique présente un bilan positif d'ici la fin 1998. Le plan de relance de Lagardère passe donc par un certain nombre de mesures économiques dont la plus simple est de fermer un champ de courses.

Maisons-Laffitte et Chantilly sont d'abord désignés. Le couperet tombe finalement sur l'hippodrome 'Evry, construit il y a vingt-quatre ans et très apprécié des entraîneurs. La majorité de ces professionnels conteste la décision de France Galop et certains auraient aimé voir le président Lagardère plus ferme face
aux autorités de tutelle, notamment pour éviter l'application de la CSG aux parieurs. Les professionnels des courses critiquent la gourmandise de l'Etat. Ils soulignent que les prélèvements faits sur les enjeux des courses de chevaux en France (près de 36 milliards de francs) sont parmi les plus élevés de la planète (27,25% dont 14,85% destinés à l'Etat). Et ils considèrent la fermeture de l'hippodrome d'Evry, merveilleux outil», comme une amputation facile. Il y a peu de chance pour que France Galop revienne sur sa décision car Evry était le moins fréquenté des hippodromes parisiens (1 000 spectateurs en moyenne) et le plus cher en frais d'exploitation (14 millions de francs). De plus, l'objectif principal reste pour le président Lagardère de faire de Longchamp l'hippodrome de l'an 2000. Il faut donc beaucoup d'argent" ce dont se contrefout Lawyer Sand, pur-sang de 4 ans qui, hier, occupait la dernière place du prix d'Ablis, modeste handicap pour besogneux du pâturon et ultime épreuve d'Evry.

PL AT - dans HIPPISME