30 août 2011 2 30 /08 /août /2011 14:59

Le 21 avril 2001


Le handicap ou l'obstacle démocratique
On donne aux chevaux un poids qui varie selon leurs performances passées.


Outsiders et tocards de tous crins y brillent. Le Prix du président de la République, qui offre pourtant

650 000 francs (99 100 euros) à son vainqueur, fait souvent le bonheur des grosses cotes, des oubliés du peloton et autres besogneux des parcours d'obstacles. Si les inattendus y trouvent un second souffle, c'est bien en raison de sa formule handicap. Malgré l'étymologie peu engageante du mot handicap (hand in cap), cette formule est assez démocratique puisque, au départ, il s'agit d'égaliser les chances des concurrents en leur attribuant un poids selon leur mérite. Pour ce faire, on s'appuie sur les performances passées des chevaux. Les meilleurs porteront plus de poids, les moins bons hériteront d'un poids plume.

Le montant réservé au vainqueur, qu'on ne trouve pas tous les dimanches sous les fers d'un cheval, aiguise les appétits. Nombre d'entraîneurs préfèrent ainsi aligner des soi-disant seconds couteaux plutôt que des champions notoires. Pour tromper le handicapeur, l'entraîneur n'a plus besoin, comme il était d'usage jadis, de demander à son jockey de retenir sa monture. Il lui suffit de sous-entraîner son coursier lors de quelques courses préparatoires: l'enrobé s'essoufflera de lui-même.

Cependant, les petits malins qui ont visé de longue date l'épreuve ont bien souvent des désillusions, car le parcours avec ses 18 obstacles variés faits de troènes, buis, bruyère, genêts et rondins de bois, est truffé de pièges que le terrain lourd en cette période de l'année rend plus épineux encore.

Physiquement, l'épreuve laisse des traces dans l'organisme. Et que vous dire du mental, quelque peu laminé quand des mous du jarret vous doublent avec l'aisance d'un pégase. Les seconds couteaux, eux, visent cette épreuve de longue date. Leurs entraîneurs s'assurent seulement qu'ils ont une aptitude au saut certaine et une bonne forme. Pour le reste, ils vont les «mécaniser», les amener progressivement en forme, en leur faisant courir des courses sans trop d'éclat, afin que le handicapeur sous-estime leurs performances et ôte quelques livres sur son échelle des valeurs, toute personnelle et abstraite.

Course à rebondissements, le Prix du président de la République est la plus populaire d'Auteuil, surtout par les rapports PMU assez consistants qu'elle affiche. En 1995, un parieur inspiré toucha 7,5 millions de francs (1,15 million d'euros).

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