1 août 2010 7 01 /08 /août /2010 06:07


LES GRANDES ÉDITIONS DE L’ARC : DES HÉROS DEVENUS IMMORTELS
D’origine américaine, Mill Reef (Never Bend) fût la star de l’année 1971. Remarquable à 2ans, âge auquel il triompha notamment dans les Dewhurst Stakes, il signa une formidable passe de quatre en remportant  successivement quatre Gr1 : le Derby d’Epsom, les Eclipse Stakes, les King George et enfin le Prix de l’Arc de Triomphe. Mill Reef a longtemps détenu le record de victoires consécutives dans des Gr1 qu’il porta à six.
Il faudra attendre Rock of Gibraltar (Danehill) en 2002 pour fixer le nouveau record – qui tient toujours – à sept.



LES GRANDS SUCCÈS WILDENSTEIN
Il est une championne que nous avons évoquée dans les grandes juments de l’Arc : Allez France (Sea Bird). Après avoir marqué son année de 2 ans d’une victoire dans le Prix Marcel Boussac (Gr1) elle remporta la Poule d’Essai, le Diane, le Vermeille et finit deuxième de l’Arc de Rheingold en 1973, à l’âge de 3  ans. 1974 fut l’année du sacre dans l’Arc. Avec la fracture d’Yves Saint-Martin au grand trochanter, sa participation dans la grande épreuve semblait contrariée. Lester Pigott réservé, son habituel jockey ne se résignait pas et grâce aux conseils et soins de Michel Darcy, il réussit à monter l’Arc et à le gagner. La pouliche obtint ainsi la grande consécration qu’il lui manquait et Yves Saint-Martin entra dans la légende. Dans son ouvrage « Au Galop », il eut cette citation au sujet d’Allez France : « elle avait des yeux à se faire suicider les biches, un port de tête qui eût rendu fou Michel-Ange lui-même et des jambes de danseuse étoile ». Une grande gagnante de l’Arc avec un physique ravageur donc.


1985 fut l’année de la discorde. En effet, Sagace (Luthier) triompha en 1984 avec Yves Saint-Martin. Il tentait, l’année d’après, le doublé. Beaucoup le voyaient gagné. Et il gagna. Mais quelques secondes après l’arrivée une sonnerie retentit. Enquête puis réclamation de Pat Eddery (Rainbow Ouest) contre Eric Legrix, le pilote de Sagace.
Certes, il y avait eu un léger contact mais qui avait paru anodin lors de la lutte finale. Néanmoins, les commissaires rétrogradèrent le champion de l’écurie Wildenstein. Le doublé de Sagace venait alors de s’effacer avant même d’avoir été écrit. Mais si cette édition fut marquante par son dénouement, le lauréat n’était pas un inconnu (il prit la deuxième place du Jockey-Club, Gr1). Dix huitième du précédant Arc, il venait d’enlever sur le tapis vert celui de 1985. Par la suite, il devint un excellent étalon. >>


  



JUSQU’EN 1945
Brantôme (Blandford), vainqueur de l’Arc en 1934 fait partie de ces chevaux exceptionnels. Sous les couleurs du baron Guy de Rothschild, il aligna les Prix Robert Papin et Morny ainsi que le Grand Critérium à 2ans. A 3ans, il remporta la Poule d’Essai et le Prix de l’Arc de Triomphe. Et à 4ans, il signa un succès dans le Prix du… Cadran. Ce fût donc un champion complet qui brilla dans l’Arc 1934. Un champion qui, la guerre venue, s’en alla en Allemagne. De retour, à la fin du conflit mondial, il produisit l’excellent Vieux Manoir. Champion éclectique, ce fut sans aucun doute le plus cocardier des vainqueurs français du Prix de l’Arc de Triomphe.


Nikellora (Vatellor) dont nous avons déjà parlé dans un article relatant le parcours des femelles dans l’Arc, mérite aussi de faire partie de cette rétrospective. Elle remporta le Graal en 1945 mais signa également, de ce fait, une incroyable passe de quatre puisqu’elle avait brillé auparavant dans la Poule d’Essai, le Diane et le Vermeille. Elle prit également le premier accessit du Prix Jacques Le Marois sur 1.600m. Nikellora fut donc une championne atypique, sur les traces de laquelle tentera de marcher Zarkava le 5 octobre prochain.


 

DE RIBOT à MILL REEF EN PASSANT PAR SEA BIRD
Ribot (Tenerani) est unique. Ribot est resté invaincu aux termes de ses seize sorties au sein desquelles on compte deux Prix de l’Arc de Triomphe ! En 1955, pour sa première victoire, il était quasiment inconnu ne s’étant auparavant produit qu’en Italie. Il n’empêche, il devient immédiatement le premier de la planète hippique. Il défend les  mêmes couleurs que Nearco (Nearctic), un autre champion italien, celles de Federico Tesio. Mais celui-ci a disparu en 1954 et la casaque est passée sous le nom de son associé, le marquis Incisa Della Rochetta. En 1956, il remporte l’épreuve de six longueurs, ce qui constitue toujours le record de distance à l’arrivée de l’Arc de Triomphe.


De mémoire de passionnés, Sea Bird (Dan Cupid) resta comme le plus beau vainqueur de l’Arc (en 1965). Venu en pleine piste, il versa sur sa gauche pour finir son parcours complètement en dehors, presque le long du rail des tribunes, tout en devançant Reliance (Tantième) héros du Jockey-Club et du Grand Prix de Paris. Incroyable ! Il enleva également le Derby d’Epsom et le Grand Prix de Saint-Cloud.
Entraîné par Etienne Pollet, Sea Bird fut l’un des rares gagnants d’Arc à remporter la magnifique épreuve en paraissant avoir encore des ressources au passage du poteau.
Année mouvementée sur le plan historique, 1968 nous révéla un nouveau champion. Lauréat des Prix de Guiche et du Lys, Vaguely Noble (Vienna) ne fit qu’une bouchée de Sir Ivor dans l’Arc. Bien malheureux dans le Grand Prix de Saint-Cloud, il prouva dans le championnat du monde des pur sang qu’il avait largement sa place parmi l’élite.


Peintre Célèbre (Nureyev) reste encore aujourd’hui comme l’un des plus beaux lauréats d’Arc. Après avoir brillamment gagné le Prix du Jockey-Club (Gr1) en 1997, le premier et seul à ce jour pour la casaque  Wildenstein, il s’imposa sur les 2.000m du Grand Prix de Paris (Gr1). Battulors de son retour dans le Prix Niel (Gr2), dans une coursepiège, Peintre Célèbre fit mieux que se rattrapper en remportant le Prix de l’Arc de Triomphe de magistrale façon. Ilvint en pleine piste au pavillon placer une première accélération puis plaça un second démarrage, foudroyant, et sedétacha irrésistiblement. Du grand art ! De plus, il précédait des chevaux comme Pilsudski (Polish Precedent),Hélissio (Fairy King), Borgia (Acatenango) ou encore Swain. C'est-à-dire une vraie colonie de champions.
Peintre Célèbre fixait aussi le record de l’épreuve à 2’24’’60, un record qui tient toujours.


 

DEPUIS LES ANNÉES 80
Dancing Brave (Lyphard) est resté dans la mémoire des observateurs de la chose hippique comme l’un des plus grands vainqueurs d’Arc. Cinq groupes 1 de très haute tenue tombèrent dans son escarcelle : les 2000 Guineas, le Derby, les Eclipse Stakes, les King George et l’Arc. En cela, son profil ressemblait à celui de Mill Reef (Never Bend). Sa victoire fut néanmoins incomparable. Il était véritablement « LE » champion de l’année 1986 et le prouva dans notre grande épreuve en étant plus que dominateur. D’autant plus qu’il relèguait à sa suite d’authentiques champions tels que Bering (Artic Tern) ou Triptych (Riverman).
Portant les couleurs Chalhoub, Suave Dancer (Green Dancer), piloté par le jockey texan Cash Asmussen, enleva l’Arc en 1991 après avoir remporté le Prix du Jockey-Club (Gr1) et s’être préparé en Irlande dans les Irish Champion Stakes (Gr1). En classe pure, il fut l’un des meilleurs lauréats, capable d’accélérations incroyables.


Lammtarra (Nijinski) a marqué beaucoup d’esprit. Arrivé invaincu sur l’Arc, il le resta ensuite. Il dominait ce jour-là un certain Freedom Cry (Soviet Star), passé du mile à la distance classique avec un relatif succès. Sollicité souvent très tôt lors de chacune de ses sorties, Lamtarra réussit à l’emporter à chaque fois. Héros du Derby d’Epsom et des King George VI Stakes (Gr1), il réussit ainsi la gageure de remporter les trois épreuves majeures du circuit européen. Le tout en quatre sorties seulement !


Hélissio (Fairy King), c’est le premier Arc d’un tout jeune jockey, très doué : Olivier Peslier. En selle sur le pensionnaire d’Elie Lellouche, Olivier Peslier remporta la course avec Hélissio de bout en bout, très facilement. Rares sont les gagnants d’Arc à s’être imposé en prenant la tête et la corde dès le départ. De plus, Hélissio devançait lors de cette édition un certain Pilsudski, futur lauréat de Breeders Cup Turf.


Montjeu (Saddler’s Wells), lauréat de l’édition 1999 du Prix de l’Arc de Triomphe attira rapidement l’attention sur lui. Vainqueur à 2 ans, son propriétaire Jimmy Goldsmith le céda à Michael Tabor qui le laissa néanmoins chez John Hammond. A 3 ans, il remporta le Prix Greffulhe (Gr2) et le Jockey-Club (Gr1). Après une rentrée dans le Prix Niel (Gr2), il remporta un Arc qui semblait devoir lui échapper à l’entrée de la ligne droite. En effet, le partenaire de Mick Kinane avait une dizaine de longueurs à refaire sur El Condor Pasa, sur un terrain  affreusement lourd. Mission impossible pensait-on. Pas pour Montjeu qui vint dépasser très sûrement El Condor Pasa dans les cinquante derniers mètres. Par la suite, il allait s’offrir les King George (Gr1) en 2000 et conclure 4e de l’Arc à 4 ans.


L’Irlande fut à l’honneur avec Sinndar (Grand Lodge) en 2000. Entraîné par John Oxx sur les plaines du Curragh, Sinndar triompha dans les Derbies d’Epsom (Gr1, devant Sakhee, futur héros de l’Arc), d’Irlande et enfin dans notre très grande course. Sinndar semblait indestructible et le fut dans les grands rendez-vous de cette année 2000. S’il n’avait été battu lors de sa rentrée (2e), il serait parti au haras avec le statut invaincu.
2003 marqua l’avènement de Dalakhani (Darshaan). Elle révéla au monde entier les talents de son jockey Christophe Soumillon qui monta une course pleine de sang froid, pilotant le fils de Darshaan au millimètre pour lui faire enlever la palme. Ensemble, ils avaient déjà remporté les Prix Lupin (Gr1), du Jockey-Club (Gr1) et Niel (Gr2). Le jour J, le terrain n’était pas à la convenance de Dalakhani et pourtant il se surpassa pour vaincre et entrer dans la légende avec son jeune jockey. Un cheval qui resta apprécié pour son fabuleux palmarès et sa personnalité particulière.


En 2005, Hurricane Run (Montjeu) eut à coeur d’imiter son prestigieux géniteur et triompha dans l’Arc après une accélération hors du commun à mi-ligne droite. Il précédait alors le grand champion stayer Westerner (Danehill). Après un tel succès, il enleva comme son père les King George à 4 ans.


 

TRÈS RARES DOUBLÉS
Depuis l’origine de l’Arc (1920, ils sont seulement six à avoir réussi le doublé dans le Prix de l’Arc de Triomphe (Gr1) : Ksar (Bruleur / 1921-1922), Motrico (Radames / 1930-1932), Tantième (Deux pour Cent / 1950-1951), Ribot (Tenerani / 1955/1956), Corrida (Coronach / 1936-1937) et Alleged (Hoist The Flag / 1977-1978).

Motrico est le seul à ne pas avoir gagné deux années consécutives alors que Corrida est l’unique jument de cette élite très  exclusive. Elle enleva également les Champion Stakes et domina totalement le Turf durant ses deux années de règne. Quant à Alleged, il remporta le St Leger en prélude à son premier succès d’Arc. Entraîné en Irlande, il reste le dernier double vainqueur du Prix de l’Arc de Triomphe.

 

Jour de Galop 2008

 


 

 

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