5 juin 2016 7 05 /06 /juin /2016 19:35
Chantilly 5 juin 2016

Ce Jockey Club, un peu triste à voir, à l'image de la signalétique surabondante des EpiqE Séries et le survol cruel d'une foule clairsemée. Contraste assez gênant et pourtant si prévisible.
Pour ceux qui auront tenté de suivre l'avant-course et la course sur LCI, l'heure consacrée aura été la tentative maladroite d'une explication de texte (pour les gens qui nous regardent, dixit F.Cailler) portées par une emphase didactique censée souligner un événement exceptionnel (d'un niveau très relevé dixit V.Lahalle) mais constamment trahi par les images.

Sur le plan sportif, une course involontairement verrouillée par
Robin Of Navan qui aura eté piégé par son propre rythme, et des poulains contrariés qui s'agglutinnent en rangs d'oignons, de n'oser avancer. Rien d'instructif sur la vraie valeur de certains poulains. Impensable que les britanniques soient aussi collectivement mauvais.
Almanzor gagne car ce sera l'un des rares à parvenir à se préserver à la corde et à se dégager à temps pour placer l'accélération sans doute héritée de son père, suivi mais trop tard par Zarak et Dicton partis de trop loin et peut-être meilleurs que le gagnant. Derrière eux, beaucoup n'ont pas fait leur course. Mekhtaal notamment qui termine mieux que d'autres sans sollicitations. Et de penser que les performances honorables de Royal Julius et Golden Bridge ne sont dues qu'au rythme de course n'est pas leur faire offense.
Maintenant Almanzor (qui n'est pas Relko ou Vaguely Noble) devrait aller vers le Jean Prat ou le Eugéne Adam. Le voir confirmer n'est vraiment pas une certitude absolue. Pour Zarak, à priori la suite sera sur 2400, avec peut-être une étape à passage à Deauville pour le d'Ornano, le Niel avec une éventuelle ambition dans l'Arc (avec Harzand). Pour cela il a un modèle génétiquement proche à suivre avec
New Bay qui est aussi par Dubawi et une mère par Zamindar comme Zarkava.

Concernant les pouliches, si Juliet Rose a confirmé sa qualité, Armande pourrait bien corriger le tir dans le Royaumont. Et Volta, la soeur de Calvados Blues, a exprimé très nettement un potentiel de Rothschild cet été à Deauville.

PL PLAT - dans CHRONIQUES
3 juin 2016 5 03 /06 /juin /2016 04:56
Jockey Club 2016

D'un côté si l'Epsom Derby ne promet pas d'être un millésime exceptionnel, qu'en est-il du Jockey Club ? A priori plutôt moyen, ce qu'ont d'ailleurs bien perçu les anglais et irlandais avec leurs nombreux prétendants. Donc, pas de quoi s'appesantir sur le sujet.
Pour Aidan O'Brien,
Black Sea et Bravery deux seconds couteaux chacun plutôt décevant dans leurs Guinées respectives, à priori pour aller sur 2400, mais trop faibles pour faire Epsom. Deux fils de Zoffany, un pour John Gosden, Foundation placé d'un Racing Post Trophy dévalorisé par Marcel et de Dante Stakes restant encore à juger, l'autre pour Richard Hannon, Ventura Storm venu nous visiter deux fois sans laisser un souvenir impérissable, tous deux étant limités en tenue (raison de leur présence à Chantilly). Et Imperial Aviator (engagé dans le Derby irlandais) de souche US, la même qu'Amonita une gagnante du Boussac..peut-être le plus dangereux.

Robin Of Navan lui, aura à défendre une ligne française. Un bon compromis, s'il gagne..


Pour éviter la déroute, il faudra compter sur Methktaal (qui aurait pu tenter Epsom) Zarak (au mieux 3-4e) mais Dicton et Apilobar, malgré leur parcours atypique, sont ceux qui sont peut-être ceux les plus à même de contrarier les visiteurs (Apilobar devrait particulièrement apprécier le terrain). Almanzor doit avoir tout juste la distance dans les jambes et le minimum de qualité pour briguer une belle place.
Côté Fabre deux candidatures un peu ternes toutes deux par Medaglia d'Oro.
Talismanic, vainqueur de F en trois coups et du prix de l'Avre sur 2400 (une ex préparatoire) assez proche de Deep Impact, et Floodlight (famille de Swain) un peu meilleur élève mais jusqu'à échouer sans déshonneur dans le prix de Guiche (2100 ce sera mieux).

Raseed à priori lauréat d'un mauvais Noailles.
Compliqué (pour être mieux que 5-6e) pour Golden Bridge, Royal Julius, Parthénius.

PL PLAT - dans CHRONIQUES
3 juin 2016 5 03 /06 /juin /2016 04:51
Epsom Derby 2016

Voilà un Derby pas spécialement trés transcendant (avec quatre supplémentés) et André Fabre qui a bien raison de le tenter avec Cloth Of Stars. Pour lui le vrai danger ce sont quelques nouveaux venus, Wings Of Desire (un neveu de la championne Sariska , également par Pivotal) Moonlight Magic (un neveu de Galileo) et Harzand qui, même s'il a été certainement avantagé par le terrain dans les Ballysax, a le profil pour faire un podium (c'est pourtant une souche Aga Khan sans relief). La présence de Cloth of Stars aux côtés de Moonlight Magic permet à Godolphin d'espérer (enfin) une suite à Lammtarra.
Pour Sir M.Stoute,
Uysses avec sa récente et large victoire à Newbury pourrait faire peur, battu juste avant par un certain Imperial Aviator supplémenté dans le Jockey Club, mais j'en doute un peu, sa mère est une gagnante des Oaks, souche Niarchos de Northern Trick. Across The Stars est Sea The Stars un peu laborieux avec la distance dans les jambes mais une qualité tout juste suffisante pour se hisser à ce niveau.
Des quatre O'Brien,
Us Army Ranger est celui qui peut encore beaucoup progresser (pas de problème de distance) il est issu de la belle famille Strauss partie de Truly Special. Le choix de Ryan Moore.
Pas sûr que
Massaat soit mieux sur 2400. Tous comme Algometer, un petit placé potentiel.
Red Verdon, même s'il n'a pas suivi le parcours classique pour se présenter ici est un poulain en plein progrès, de Lemon Drop KId, avec une mère par Choisir, et il a prouvé qu'il avait les 2400 dans les jambes. Ed Dunlop  peut voir en lui un futur Red Cadeaux.
Humphrey Bogart n'a quasiment aucune chance.

La veille les Oaks seront censés sacrer 
Minding sauf si la supplémentée Skiffle (pour Godolphin) confirme la qualité de son pedigree (c'est une cousine de Solemia et Authorized).
Et dans la Coronation Cup,
Postponed doit affirmer ses ambitions pour l'Arc face aux trois pouliches qui chercheront à succéder à In The Groove la dernière pouliche à avoir gagner l'épreuve en 1991. Found et Simple Verse peuvent le faire sans avoir la stature de Triptych, mais Arabian Queen n'est pas incapable de créer une petite surprise, elle qui a déjà bien gagné à Epsom. 

PL PLAT - dans CHRONIQUES
20 mai 2016 5 20 /05 /mai /2016 19:18
Petite Etoile (1956) Zahra (1974)

Le problème de Zarkava c'est d'avoir pour l'instant produit qu'une majorité de mâles et croire (espérer) que l'un d'eux et ceux à venir même nés de pères prestigieux puissent devenir d'éventuels champions et futurs étalons reste assez hypothétique. L'avenir se situe plus sûrement dans ses filles et dans les générations qu'elles tisseront lentement d'où surgira un jour la nouvelle princesse qui foulera le gazon de Chantilly comme cela a été le cas pour Zarkava à force de patience extrême.
En effet, pour Zarkava, l'histoire débute à partir de
Mumtaz Mahal (1921) qui sera la grand-mère de Mahmoud (1933) un gagnant de Derby et de Mah Iran qui sera la mère de Migoli (1944) un gagnant des Eclipse et Champion Stakes puis de l'Arc et la grand-mère de Petite Etoile (1956) une championne de 3 à 5 ans.
Mumtaz Mahal revendique également dans sa descendance des noms tel que Nishapour, Alamshar, Aussie Rules, Danewin, Shergar, Nasrullah, Ginetta, On The House, Royal Charger...


Petite Etoile ne donnera qu'une fille, Zahra en 1974, et donc il faudra attendre près d'un demi-siècle avant que naisse Zarkava le 31 mars 2005.
Entre temps les descendantes de Zahra au nombre de huit dans les années 80 bien que présentées aux meilleurs comme Blushing Groom, Darshaan furent quasi inconséquentes sur les pistes ou n'ont pas couru.
Au haras l'une d'elle, Zaila, produira en 1995 Zainta par Kahyasi qui restera invaincue à 2 et 3 ans en gagnant le St Alary et le Diane mais échouera dans le Vermeille et très nettement dans l'Arc. C'était déjà une première indication que de cette souche maternelle pouvait émerger une championne unique.
Mais c'est par une autre,
Zarna, qui était par Shernazar le frère du crack Shergar (le père et la fille ayant pour aïeule commune Mumtaz Mahal) que commencera l'histoire de Zarkava. Zarna produira trois filles dont Zarranda qui gagnera le prix Amandine (en devancant la mère de Montare) puis tentera le Jacques le Marois et le prix de la Forêt mais c'est par sa soeur ainée Zarkana qui gagnera deux courses modestes à Amiens et Parilly que l'histoire va continuer.
Zarkana aura dix produits mais un seul de ces produits se distinguera, ce sera Zarliya qui gagnera le prix de Sandringham après avoir raté de peu la Poule d'Essai. Mais ce sera encore une autre fille n'ayant pas couru, Zarkasha (qui était par Kahyasi comme l'avait été Zainta) que Zarkava va enfin naître.
Bien sûr tout cela tient un peu du miracle, car cette lignée qui part de Zahra a produit beaucoup de femelles sans relief dont un certain nombre n'a pas été conservé pour contribuer à l'élevage de l'Aga Khan, mais le hasard heureux ou le génie intuitif fera que, même si l'arrière grand mère et la grand-mère furent de modestes compétitrices, l'étincelle génétique s'est néanmoins produite.

Ainsi,
Zarkava poursuit l'oeuvre de Petite Etoile. Elle ne produira peut-être jamais de champions ou de championnes à son image (quoique Zarak semble déjà pour l'instant un premier essai méritoire) et il faudra sans doute attendre quelques décennies sous le direction de la Princesse Zahra pour qu'une nouvelle Zarkava n'apparaisse.
Concernant cette descendance féminine, Zarkava a déjà une petite-fille. Celle-ci par Exceed and Excel est née le 14 mars 2015 de sa première fille Zerkaza par Dalakhani qui n'a pas couru. Deux jours plus tard Zarkava a pouliné de sa seconde fille par le crack Frankel.

 

Petite Etoile (1956) Zahra (1974)Petite Etoile (1956) Zahra (1974)
PL PLAT - dans ELEVAGE
17 mai 2016 2 17 /05 /mai /2016 21:24
The Gurkha, La Cressonnière, JemayelThe Gurkha, La Cressonnière, Jemayel
The Gurkha, La Cressonnière, JemayelThe Gurkha, La Cressonnière, Jemayel

Pour cette première édition des Poules d'Essai à Deauville ce n'était pas la foule des grands jours, tout juste celle d'un week-end d'août, avec parfois plus de monde dans le rond qu'à l'extérieur, une affluence toute relative qui confirme l'endémique impuissance à mobiliser .
Côté sportif,la linéarité quelque peu nivelé du parcours a validé la justesse des performances et
The Gurkha a été élu jeune prodige Coolmore à l'unanimité. Il sera désormais attendu au tournant à Chantilly ou au coin de Tottenham. Dicton étonne encore un peu en se situant comme le meilleur français et la seconde place de The First Selection entérine quasi définitivement la normalité des poulains de 3 ans français en l'absence de l'ex chef de file Ultra.
Chez les pouliches
La Cressonnière n'a pas failli et tentera d'imiter Golden Lilac à défaut d'aller sur les traces de Zarkava. Etre devant Nathra, Besharah et Alice Springs conforte sa valeur et efface son tryptique de listed entaché d'une impasse sur le prix de la Grotte. A priori elle va enchaîner sur le Prix de Diane comme Avenir Certain alors que Qemah ira sur les Coronation Stakes, en espérant que la tentation d'une aventure vers les Sussex Stakes prime sur un repli vers le Rothschild ou un prix de la Nonette sans valeur ajoutée. Restera l'énigme d'une éventuelle tenue qui pourrait la conduire au Vermeille (ce dont je doute) plus que vers l'Opéra.

Dans le Hocquart
Mekhtaal a creusé un écart conséquent et son sillon vers un destin risqué qui pourrait croiser les foulées de The Gurkha à Epsom, même si son pedigree l'autorise plus facilement à convoiter plus modestement le Grand Prix de Paris.

Pour le Saint-Alary, Camprock est battue, pas de façon indigne, mais battue par Jemayel une pouliche dont la mère était entraînée par celui qui doit son nom à Frankel. Elle aussi ira vers le prix de Diane.


Un mot sur Zarak. Sa performance est loin d'être déshonorante. Pas sûr qu'il aille sur le Jockey Club pour risquer une déconvenue. L'Eugène Adam serait la bonne option pour voir ensuite s'il peut aller sur le prix Niel et d'en faire ensuite un 4 ans capable de tenter une belle épreuve comme la Coronation Cup.

PL PLAT - dans CHRONIQUES