Carnet de bord hippique
En 2003, Six Perfections était une pouliche brillante de 3 ans en pleine possession de ses moyens. En 2004, elle a failli réussir le doublé, mais elle a été battu à la régulière Whipper, un poulain de 3 ans sous entraînement de Robert Collet. Six Perfections est entrée au haras en 2005. Pour ses deux premières saillies elle a eu les faveurs de chef de race Storm Cat. Elle a donné naissance à trois mâles. Planet Five, en 2006, à l’entrainement chez Pascal Bary, Six Realms en 2007 et le dernier en date par Kingmambo en 2008.
L’histoire se répétant parfois, Whipper, lui aussi a tenté le doublé en 2005, mais il a été battu très nettement par le Godolphin Dubawi qui venait de gagner les 2000 Guinées Irlandaises. Whipper et Dubawi sont dèsormais étalons et leurs premiers yearlings vont passer ces jours-ci sur le ring de Deauville.
En 2006 et 2007, les 3 ans baissèrent pavillon. C’est Manduro, le pensionnaire d’André Fabre qui a marqué les esprits. Bien qu’il ait été battu d’un nez en 2006 par le Godolphin Librettist (qui a gagné par la suite le Prix du Moulin de Longchamp), il s’est imposé la fois suivante avec autorité contre des adversaires qui visiblement n’étaient pas à la hauteur. On connait la suite, pour ses premiers pas sur la distance classique, il s’est imposé dans le Prix Foy, s’annonçant comme le grand favori de L’Arc, mais on apprit peu de temps après qu’il s’était blessé et qu’il devait arrêté sa carrière. Il est désormais étalon en Irlande.
Cette année, les 3 ans sont quatre. Parmi eux, la petite déception de l’Astarté, Natagora qui compte bien se racheter. Elle a bien sûr la classe pour parvenir à ses fins. Elle est indifférente au terrain. Elle va avoir un solide avantage pondéral face aux plus âgés. Mais elle pourrait bien encore se faire refouler par la vague Freddy Head /Davy Bonilla avec Tamayuz. On suppose qu’Arcadia’s Angle est là pour l’aider dans sa tâche, sans pour autant n’être qu’un faire-valoir. Natagora sera d’ailleurs associée à Yutaka Take et Arcadia’s Angle à Christophe Lemaire. Arcadia’s Angle a fait preuve de qualité en gagnant le Prix de Pontarme (listed) et en s’imposant facilement dans le Prix Paul de Moussac. On ne peut pas tenir compte de son échec dans le Jean Prat, car mal placé et ayant un parcours exécrable, Christophe Lemaire ne lui a pas demandé de puiser trop exagérément dans ses ressources.
Tamayuz (Nayef) a bien débuté l’année en gagnant le prix de Fontainebleau (préparatoire pour la Poule d’Essai). Dans la Poule d’Essai, handicapé par un mauvais numéro dans les stalles, il est venu bien finir car son jockey ne lui a sans doute pas demandé le maximum pour aller chercher une petite place. Et dans le Prix Jean Prat, il s’est imposé brillamment devant un peloton de britanniques armés jusqu’aux dents. C’est un fils de Nayef , un jeune étalon Shadwell très prometteur.
Sinjadan (Medicean) sera ici le leader de Sageburg. il a été celui de Montmartre dans le Grand Prix de Paris.
Contre Tamayuz et Natagora, les chevaux d’âge feront jouer leur expérience.
Sageburg (Johannesburg) semble meilleur qu’à 3 ans où il avait affronté au niveau semi-classique un champion britannique comme Soldier of Fortune. Cette année, on a pu constater ses progrès en début de saison par sa belle fin de course contre Saddex et Duke of Marmalade dans le Prix Ganay (c’était sa rentrée). Ayant visé le Prix Ispahan, il s’y imposé facilement face à Darjina. Un mois plus tard à Ascot, il a superbement bien résisté dans les Queen Anne Stakes, un groupe 1 où Darjina s’est fait battre d’un nez par Haradasun. Il a du laisser quelques forces dans cette bataille, et deux mois de repos n’auront pas été de trop pour qu’il puisse défendre ses chances ici.
Racinger (Spectrum), c’est le demi-frère de Corre Caminos, c’est le tandem Head/Bonilla dont tout le monde se méfie désormais. Mais c’est surtout un mâle de 5 ans qui a fait preuve d’une grande régularité au niveau semi-classique. L’année dernière, en début de saison, il a enchaîné Prix Edmond Blanc / Prix du Muguet sans états d’âme, puis il s’est cassé les dents dans à un niveau plus relevé en traversant la Manche à Ascot. Défendant désormais les couleurs Al Maktoum, sa victoire dans le Prix Messidor le 19 juillet a prouvé qu’il n’avait rien perdu de sa vélocité. Il est réglé comme une horloge pour réussir sur le mile. Il pourrrait bien faire le leader de luxe pour son jeune compagnon d'écurie Tamayuz.
Runaway (King’s Best) est un ex-pensionnaire d’André Fabre désormais chez Richard Pritchard-Gordon. Sous la coupe du maitre cantilien, il n’a jamais réussi à gagner une épreuve semi-classique. Son nouvel entraineur lui cherche les meilleurs engagements, mais sans vraiment démériter, il aime aller de l’avant, il est souvent débordé quand les choses sérieuses commencent. Une troisième place ici serait déjà de l’ordre de l’inespéré.
Arrivée
1 Tamayuz D. Bonilla 1'36''40
2 Natagora Y. Take 2 1/2
3 Major Cadeaux R. Hughes 3
4 Sageburg C. Soumillon 3/4
5 Runaway T. Jarnet 1 1/2
6 Arcadia's Angle C.-P. Lemaire 3
7 Racinger O. Peslier 6
8 Sindajan T. Gillet 10