Carnet de bord hippique

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Initiation hippique


vendredi 10 avril 2009



Le point de départ
Mon intérêt pour les courses est assez récent et vient d'un petit coup de mou dans la vie privée, un espace à occuper, un centre d'intérêt nouveau à découvrir, un peu par souci d'antinomie. Antinomie, oui, mais en fait pas tant que ça, car le naturel revenant en principe au galop, j'ai eu, durant ma jeunesse, à m'ébattre en tous sens sur un hippodrome de l'Est, Nancy Brabois, pour ne pas le nommer.
A cette époque, j'étais sous les ordres d'un certain Daniel qui m'indiquait les tâche d'entretien à accomplir. C'est-à-dire, nettoyer avec précaution  les siéges orange des tribunes que l'hiver avait recouvert d'une épaisse couche de poussière, effectuer quelques menus travaux manuels, moi qui n'avait pas pour habitude de manier les outils avec une dextérité exemplaire (d'ailleurs au grand désespoir de mon père qui a si souvent essayé de m'initier aux joies du bricolage ou et maintes fois incité de l'aider, comme à changer les plaquettes de frein de la DS familiale). Ce fut une époque heureuse. J'étais étudiant, insouciant, je découvrais un univers nouveau, "mystérieux" dont je ne comprenais pas toutes les subtilités et tout l'intérêt..cela n'a duré qu'un an. Mais les dimanches, c'était fête, les spectateurs et l'excitation provoquée par l'arrivée des courses, le déplacement des obstacles que je devais orchestrer au millimètre, ce ne sont que de bons souvenirs, mais je dois l'avouer, un peu éparpillés dans ma mémoire..
Après ce premier contact, l'immersion dans les arcanes de la vie parisienne (avec sa pléthore d'attractions culturelles) m'a éloigné radicalement de cet univers.  Et il a fallu le hasard d'un parachutage un peu forcé à l'Ouest de Paris (très à l'Ouest d'ailleurs) avec dans mes bagages une jeune pimprennelle de 6 ans émerveillée par ces animaux pour me remettre en contact l'univers équestre. C'est d'ailleurs à cette époque que j'ai essayé vainement de faire l'apprentissage de cavalier, mais j'ai du rapidement comprendre que mon sens de l'équilibre était en totale inadéquation avec la maitrise nécessaire de la demi-tonne de muscles sur lequel j'étais posé. C'est sans doute la raison pour laquelle, la suspension des jockeys en équilibre sur leur monture me fascine un peu plus que les drivers assis.

Nouveau contact avec un hippodrome 25 ans plus tard
Le Lion d'Angers juillet 2006. Je découvre. J'essaye de comprendre. Et pourtant c'est un drame qui va se dérouler sous mes yeux. Il fait soleil, les courses s'enchainent. Les jockeys sont au rond de présentation, écoutant attentivement les ordres, et je remarque une cavalière souriante au regard déterminé. Il s'agit de Nathanaelle Artu.
En écoutant quelques personnes autour de moi, j'apprends que c'est une excellente cavalière qui se défend très bien dans un univers dominé par les hommes. Quelques minutes plus tard c'est le drame, la chute de la cavalière en selle sur Paula, une AQPS. Son état est annoncé comme grave. Je regarde avec stupéfaction la remise de la coupe au jockey vainqueur. Mais je n'ai pas le courage de rester plus longtemps. Je quitte l'hippodrome et je n'apprendrai le lendemain qu'elle est décédée.
Tout cela me secoue un peu, mais c'est à partir de cet instant qu'il m'est devenu important d'en savoir un peu plus sur cet univers. Ce fut en quelque sorte le point de départ d'un cheminement lent et progressif qui me conduit depuis quelque temps à parler courses de façon "appliqué" pour quelque chose que je ne considère pas vraiment sérieusement.
Ensuite de rencontres fortuites en rencontres provoquées, je me suis convaincu qu'il était amusant d'aller au contact de quelques connaisseurs ou professionnels qui pourraient contribuer à mon initiation..
Je n'ai pas eu pour l'instant à le regretter..et je les en remercie.





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