21 juin 2015 7 21 /06 /juin /2015 18:59

Le rideau est désormais tombé sur la scéne de Royal Ascot. Fin du spectacle grandiose, charismatique, rendez vous unique, décor inimitable, écrin faste pour les meilleurs pur-sang.
Objectif atteint pour
Solow, sur les traces de Roi Soleil et Valixir en dépit d'une confrontation manquée avec Able Friend, apathique, désorienté par l'autoroute royal, statufié sur la bande d'arrêt d'urgence. Et beau doublé français avec Esotérique, dans l'aspiration des foulées (pour autant moins démonstratives) de Solow.
Dans les St James,
Make Believe a produit des foulées de contrarié, Gleneagles s'est imposé, continue son ascension et devrait être revu dans les Sussex fin juillet (peut-être face à Solow)
Dans les Coronation, exceptionnelle intuition de C.Soumillon qui a déposé 
Ervedya juste devant Found après un parcours audacieux.

Parmi les déceptions, les contre-performances d'Ectot et Gailo Chop dans les Prince of Wales qui n'ont pas pu se mettre au niveau de Manduro et Vision d'Etat. Vainqueur un Free Eagle qui devrait faire une grande année.
Dans les Duke of Cambridge,
Cladocera a fait ce qu'elle a pu (troisième) face à une opposition relevée où Rizeena (une gagnante des Coronation Stakes) a échoué face à une surprenante Amazing Maria.
Royal Ascot méritait un héros. Ce fut
Ryan Moore, impérial, gourmand de victoires sans rictus excessif, sans enthousiasme immodéré.

AT - dans CHRONIQUES
21 juin 2015 7 21 /06 /juin /2015 18:47
Attractivité des courses

Les courses, on les aime aussi pour leur désuétude, leur anachronisme, pour le rempart qu'elle offrent contre le modernisme ambiant et les technologies galopantes. Vivre les courses (les vraies) c'est entendre le claquement des stalles, c'est être au contact des foulées qui tangentent le gazon et vibrer au martélement des sabots. Rien de plus. Le reste n'est que digressions. 
Moderniser pour quoi faire ? Améliorer l'accueil, la visibilité des préparatifs, de la course, éventuellement. Mettre le spectacle sous le meilleur angle. Ré-agencer le décor. 
Mais avant de moderniser, il est impératif d'enrayer le déclin des courses et donc, d'améliorer leur attractivité.  Pour cela, à mon sens, tenter de calquer le modéle anglais (à notre dimension) en concentrant nos plus belles épreuves  sur quelques week-end me semble une des solutions appropriée. Donc, il faut réorganiser le programme (essentiellement d'avril à juillet) sans le bouleverser pour en conserver la cohérence de la sélection, mais surtout accompagner cette concentration par une communication à la hauteur des enjeux.

Le programme pourrait ressembler à cela :
Début de la saison avec quelques préparatoires début avril comme c'est le cas maintenant (Djebel, Imprudence, Harcourt) puis le troisième dimanche d'avril associer La Force, Fontainenebleau, La Grotte avec comme tête d'affiche le
prix Ganay.
En mai, le deuxième week-end  (samedi à Longchamp, dimanche à Saint Cloud) rassembler d'autres préparatoires (Vanteaux, Noailles, Cléopâtre, Greffuhle) et les associer avec le prix du Muguet.


Le troisième week-end à Longchamp serait dédié aux Poules, les Pouliches le samedi avec le Saint-Alary, le prix de Guiche et le Vicomtesse Vigier, le dimanche avec les Poulains, l'Ispahan, le Hocquart et le Palais Royal, soit huit groupes dont quatre groupes 1.

En juin, le deuxième week-end à Chantilly avec samedi le Jockey Club associé au Royaumont et le Sandringham et dimanche le prix de Diane associé au Grand Prix de Chantilly et les prix du Lys, Paul de Moussac, soit sept groupes dont deux groupes 1.

Ce qui ferait deux week-end d'exception à trois semaines d'intervalle. Avec la possibilité d'attirer les lauréat(e)s des Guinées anglaises. 

 

En juillet le premier week-end (samedi à Saint-Cloud, dimanche à Longchamp) rassembler le Grand Prix de Paris et le Grand Prix de Saint-Cloud avec les prix  Malleret, Corrida, Maurice de Nieul et La Coupe de Longchamp, soit six groupes dont deux groupes 1. Les anglais pourraient alors tenter de venir avec le gagnant du Derby d'Epsom puis tenter ensuite les King George.
Le week-end suivant serait sur 2 jours à Chantilly avec les prix Bertrand du Breuil, Chloé, Gros Chêne et avec comme point d'orgue le
Jean Prat.

AT - dans CHRONIQUES
21 juin 2015 7 21 /06 /juin /2015 10:28
Prix de Diane (14.06.2015)Prix de Diane (14.06.2015)Prix de Diane (14.06.2015)Prix de Diane (14.06.2015)Prix de Diane (14.06.2015)Prix de Diane (14.06.2015)Prix de Diane (14.06.2015)Prix de Diane (14.06.2015)Prix de Diane (14.06.2015)Prix de Diane (14.06.2015)Prix de Diane (14.06.2015)Prix de Diane (14.06.2015)Prix de Diane (14.06.2015)Prix de Diane (14.06.2015)Prix de Diane (14.06.2015)Prix de Diane (14.06.2015)Prix de Diane (14.06.2015)Prix de Diane (14.06.2015)
AT - dans PHOTOS-VIDEOS
15 juin 2015 1 15 /06 /juin /2015 13:48
Star Of Seville (John Gosden)

Star Of Seville a donc gagné son Prix de Diane se rendant justice elle-même (à nos dépens) après son infortune dans les Oaks. Quoi de plus cohérent. Son pedigree est de ceux qui devait la conduire avec force vers une conquête de classiques.
D'une mère achetée par
Lady Bamford pour l'élevage, ses origines prennent leurs sources au creuset de l'Angleterre chez Lord Derby via Marchetta (1907) qui aura une influence considérable sur l'élevage. Pour preuve, ces quelques noms qui jalonnent sa descendance : My Babu, Nocturnal Spree, Even Star (Guinées) English Prince, Irish River (sept Gr1 allant du prix Morny au Moulin de Longchamp) Ambiorix (Prix Lupin) Klairon (Poule d'Essai des Poulains) Riverqueen (Poule d'Essai des Pouliches, St Alary) Altesse Royale (Guinées, Oaks).
Ses origines passent un temps au Haras du Quesnay dans les annés 60 par
Helvétie qui sera la grand-mère d'Erhaab un gagnant des Dante Stakes et l'Epsom Derby (comme Golden Horn) pour Hamdan Al Maktoum.
Dans sa souche maternelle, il est aussi
Lady In Silver une pouliche entraînée par George Mikhalides qui lui aura, trente ans avant, montré la voie en gagnant le prix de Diane devant Louveterie une Wildenstein qui sera la grand-mère de Loup Breton.

Star Of Seville (John Gosden)

De l'affluence à Chantilly en ce jour de Prix de Diane. Forte affluence en effet, l'air était suffocant, les élégantes plutôt hétérogènes, les glaces distribuées à la pelle, les turfistes errants. Un spectacle aristo-populaire avec paquets de chips, hots dogs surévalués, cocas chauds, boîtes à pique-nique "classe" estampillés Longines et l'obligation d'une vigilance extrème pour éviter de piétiner des bambins ou des adultes allongés un peu n'importe où notamment le long des fusains attenants aux écuries.
Du côté des accréditations, un peu de tension, un léger goût d'improvisation et une responsable qui annonce la couleur "je suis là pour régler les litiges"..

Côté pros, avant la course, chez beaucoup, des visages fermés à la mesure des espoirs fondés ou infondés, des visages neutres, après la course, la joie de ceux qui vivent un rêve éveillé et la sportivité fataliste des autres qui n'essayent pas de balbutier quelques excuses, notamment F.Head pour justifier l'éclipse de Queen's Jewel.

Physiocrate a mis la famile Devin sur le devant de la scène. On aurait bien aimé que Mojo Risin soit sur le podium mais c'est Little Nightingale qui sera troisième, avec derrrière elle Desiree Clary et pas loin Sound Of Freedom. Avec pour conclusion, la sanction d'un résultat qui atteste clairement que ces pouliches de 3 ans ont figé leur valeur, plus apte à officier au Haras que de grimper sur les pistes...ce qui à priori n'annonce rien de transcendant pour le Vermeille ou l'Opéra. A noter que les quatre premières sont issues d'étalons qui sont loin d'être à la mode. 
Pour
Star Of Seville, à suivre, au choix les Nassau Stakes ou pourquoi pas l'Opéra, sur une distance qui semble plus appropriée pour elle que les 2400m..

AT - dans chroin CHRONIQUES
11 juin 2015 4 11 /06 /juin /2015 17:07
Prix de Diane 2015

Depuis un demi-siècle, il est fréquent que les lauréates du Diane réussissent le doublé soit avec le Saint-Alary soit avec le Vermeille (cas le plus fréquent) mais elles ne sont que deux à avoir réussi le tryptique Saint-Alary-Diane-Vermeille (Pistol Packer et Stacelita)
Pour cette édition 2015, autant la probabilité que les Frères Wertheimer parviennent à faire avec
Queen's Jewel ce que leur père avait réussi avec Reine de Saba est forte, autant l'espoir qu'ils puissent faire mieux avec la même pouliche à enchaîner avec le Vermeille est encore largement prématuré.
Enjeu secondaire : il y a près de quarante ans qu'une lauréate du prix Pénélope n'a pas gagné le Diane...

Queen's Jewel c'est un parcours quasi identique à celui qu'avait réalisé la Wildenstein Muncie dans les années 90 (débuts victorieux à 3 ans à Saint-Cloud sur 2000m, lauréate des prix Pénélope et Saint Alary) mais qui n'avait terminé que cinquième du prix de Diane de Carling !!

Comme souvent, la lauréate du Cléopâtre est au départ, en l'occurrence ici
Little Nightingale avec également dans son sillage Stay the Night et Moonee Valley qui n'ont pas terminé loin d'elle.
Par contre pas de présence de la gagnante du Vanteaux qui a abdiqué comme en 2014, tout comme les lauréates de la Poule d'Essai ou de la Grotte. Toutes choses qui tendent à laisser penser que la génération est moyenne, d'autant plus que les pouliches ayant participé au prix Pénélope et Saint Alary ont tous décliné un nouvel affrontement avec Queen's Jewel. Une curiosité : que la gagnante et la troisième (Kataniya et Ame Bleue) du Royaumont soient présentes, raccourcies, ce qui ne doit pas être si fréquent, mais étant entraînées par Alain de Royer-Dupré et André Fabre, on peut se demander ce qui justifie leur présence, d'une part il y a déjà une autre Wildenstein (Litlle Nightingale, pas une certitude..) et d'autre part ce revirement laisse transparaître plus de scepticisme que de conviction.

Parmi les menaces pour Queen's Jewel : qu'une pouliche tardive, préservée, avec un potentiel contenu se révèle sur le devant de la scène. Dotées de ce profil, deux pouliches, Business Lawyer et Physiocrate (l'une des 2 supplémentées).
Pour sa rentrée,
Business Lawyer montée à l'arrière garde dans le prix Nobiliary a réalisé une ligne droite intéressante à distance de Nightingale qui avait démarré bien avant elle..puis elle a ensuite battu dans le prix des Tertres une Aga Khan qui l'avait devancée lors de ses débuts, en montrant des progrès fulgurants et un bout de début de vraie classe. Olivier Peslier la montera dans les chevaux mais pas à la corde et fera la ligne droite. A elle de trouver qu'elle peut revenir jusqu'au panache de Queen's Jewel, et mieux encore..ce qui est sûr, c'est une marge d'amélioration assez conséquente.
Physiocrate, invaincue, a laissé assez loin, bien qu'ayant été gênée, une bonne Fabre qui se placera dans le prix Pénélope pas trop loin de Queen's Jewel, sa deuxième sortie confirmera la palette de ses capacités, tenue, maniabilité, capable d'aller et de briller sur 2400m.
Autre danger, cette
Mojo Risin, aussi invaincue, qui a fait deux galops d'entraînement à Toulouse avec pour seule ligne valable celle d'avoir devancé nettement une pouliche de D.Guillemin venue à Longchamp se placer honnêtement dans le prix des Lilas et une autre de X.Nakkachdji qui vaut une petite listed parisienne. Ce qui est mieux que de battre des lauréates de F. Mais Préparation assez stupide car du coup elle n'a jamais eu à lutter.
Parmi les deux anglaises présentes, la Gosden
Star Of Seville, lauréate des Musidora Stakes, n'a quasiment pas couru dans les Oaks, étant stoppée net, projetée vers la lice par un écart de Together Forever que le fils O'Brien s'est montré incapable de maîtriser. Vu sa classe, elle doit être à minima sur le podium et peut bien évidemment menacer Queen's Jewel.
L'autre, la Hannon
Malabar a tout tenté (Moyglare, Boussac, les deux Guinées) mais sans faire un podium. Etant par une fille de Nashwan, elle doit pouvoir tenir, mais on peut la suspecter d'avoir déjà largement puisé dans ses réserves

Pour les autres :
Les trois pouliches du prix Cléopâtre posent problème, car
Little Nightingale semble en-dessous de Business Lawyer et la Rouget Stay the Knight est apparue comme une pouliche avec une tenue douteuse. Hormis la présence dans ce Cléopâtre de Shahah désormais méconnaissable et de Moonee Valley (la gagnante des Réservoirs) suspectée d'être plutôt une pouliche précoce et rapide, il est fort possible que l'épreuve n'ait pas plus de valeur qu'une bonne B, et donc peu instructive.
Nightflower a gagné le Diana-Trial, certes, mais Business Lawyer a montré au moins 5 kg de classe en plus.
Sound Of Freedom a tenté le Derby italien et y a été battu séchement par le poulain Goldstream.
L'autre supplémentée
Desiree Clary a battu Nightflower mais a montré moins de classe que Physiocrate.
Fontanelice persiste à décevoir et son pédigree ne révèle aucune tenue sur 2100m.


Les lauréates du prix de Diane dans la souche maternellle des prétendantes :

Sound Of Freedom : Mlle De Senlis, Perruche Bleue, Bagheera, Escaline

Stay The Night : Roxelane, Commanderie, Sweet Mimosa, Harbour

Business Lawyer : Pearl Cap, Fine Pearl, Lypharita
Queen's Jewel : Caravelle, Apollonia
Ame Bleue : Aquarelliste, Sarafina
Little Nightingale : Matiara, Divine Proportions
Star Of Seville : Lady in Silver
Moonee Valley : Stacelita
Kataniya : Shemaka
Mojo Risin, Nightflower : Pellsie

 

AT - dans CHRONIQUES
7 juin 2015 7 07 /06 /juin /2015 15:20
Epsom Derby, Triple Crown

Ce Samedi 6 juin a vu l'avénement de deux champions de chaque côté de l'Atlantique. De notre côté, Golden Horn s'est imposé dans le Derby devant Jack Hobbs, permettant à John Gosden de réaliser un doublé historique après celui réalisé dans les Dante Stakes, lui qui attendait ce moment magique depuis sa victoire avec Benny The Dip en 1997 après avoir un peu raté l'opportunité d'une tentative avec Nathaniel (*). De l'autre, American Pharoah a aligné la Triple Couronne assez facilement, exploit attendu depuis plus de trente ans par les passionnés de pur sang dénaturés. En marge à Epsom, Pether's Moon s'est joué de Dolnoya et Flintshire dans la Coronation Cup.

Golden Horn, c'est un pedigree qui est l'exacte antithèse de celui d'American Pharoah. Autant Golden Horn a une ascendance qui prend sa source jusqu'à Mumtaz Mahal la poulinière souche de l'élevage Aga Khan, autant American Pharoah vient un peu de nulle part.
La qualité de Golden Horn transparait dans tous ses gènes, par son aïeule
Sun Princess une petite fille de Mumtaz Mahal (**). Sun Princess sera la septième mère du crack Shergar, la quatrième mère d'un gagnant des Guinées et Sussex Stakes (On The House) mais aussi la soeur aînée de l'étalon Aga Khan Nasrullah étalon influent qui produira en Europe cinq vainqueurs de classiques, puis une fois (hélas) exporté aux USA sera le père de Bold Ruler, Never Bend et Red God, trois étalons qui ont a leur tour produit des champions tels Secretariat, Mill Reef, Blushing Groom, dans la descendance de laquelle on trouve ce qui s'est fait de mieux outre Atlantique (Seattle Slew, A.P Indy, Storm Cat, Gone West, Elusive Quality, Rahy, Candy Stripes, Invasor) et donc deux vainqueurs de la Triple Couronne (Secretariat, Seattle Slew)..

Epsom Derby, Triple Crown

Par contre, pour American Pharoah, il faut remonter à plus siècle pour dénicher dans son pedigree un gagnant de classique avec Land Of Song (Irish Derby) et une filiation assez éloignée avec la grande Coronation. S'il est arrivé jusqu'à nous, on le doit un peu miraculeusement à Fred William Hooper qui dans les années 40 a acquis Miss Mood qu'il croisera avec son champion Hoop Jr. Le résultat ne sera guère probant mais pendant quarante ans, il maintiendra obstinément cette souche sans que ses poulinères ne montrent sur les pistes et dans son haras la moindre qualité. Maintenue dans un autre élevage, cette souche aboutira à Exclusive Rosette dans les année 90 qui produira quelques bons chevaux ayant gagné une poignée de stakes puis en 2006 une certaine Littleprincessemma qui sera la mère d'American Pharoah.
 

(*) Les premiers yearlings de Nathaniel passent aux ventes cette année.
(**) Poulinières Aga Khan chargées de transmettre la descendance de
Mumtaz Mahal en France :
Zarkasha et ses filles Zarkava, Zerkeriya, Zarshana
Shamdala, Shamdara, Shamanova, Shamakiya
Mandesha, Shalamantika et sa fille Shalanaya
Khalasha, Khaliyna, sa fille Khelwa, Zarkiya, sa fille Zarkalia
Zaidiyna, Zayanida

AT - dans CHRONIQUES
4 juin 2015 4 04 /06 /juin /2015 05:55
Epsom Derby 2015

Epsom, 5 et 6 juin sûrement les deux jours les plus importants de la saison anglaise. Le Derby, bien sûr, c'est un mythe, un Graal ultime pour les poulains de 3 ans. Il y bien longtemps que les pouliches  ne s'essayent plus à cet exercice suicidaire (il y a 40 ans, Nobiliary une pouliche entraînée par Maurice Zilber ayant gagné le Saint-Alary pour Nelson Bunker Hunt a réussi l'exploit de se classer seconde de Grundy).
Le Derby, il s'envisage sous l'angle de l'endurance, de la tenue. Tous les poulains présents n'ont jamais fait 2400m (sauf Storm the Stars qui s'y est essayé à Chester), ils vont découvrir le parcours atypique d'Epsom, vallonné, la longue descente vers Tattenham Corner, à la sortie duquel les chevaux sont lancés pour environ 1000m de ligne droite, en terminant par 200m de montée jusqu'au poteau. 
Si on regarde ce qu'avaient fait au préalable les gagnants de l'épreuve, en général ce sont des poulains qui ont couru deux fois à 2 ans et qui n'arrivent pas sur le Derby sans avoir ou, tenté les Guinées ou transité par les Dante Stakes, la course préparatoire usitée.
Pour la tenue, quasiment tous les poulains ont les gènes pour tenir. On peut émettre éventuellement de gros doutes sur
Success Days (par Jeremy et par une fille de Roi Gironde) utilisé ici presqu'à contre emploi (et même s'il a impressionné à Leopardstown en allant devant du but à la fin sans se poser de question),  sur celle de Moheet par High Chaparral avec une mère par Pivotal (comme l'était Petit Chevalier le cheval qui a battu Cirrus dans le Gontaut Biron)  et quelques légers doutes sur celle de Golden Horn, étant par Cape  Cross (père de Sea The Stars et Behkabad) étalon qui a produit correctement sur plus de 2000m avec une lignée maternelle sous la double filiation Kingmambo-Nureyev, . En tout cas rien de vraiment rédhibitoire pour ce dernier....
Concernant leur passé, à priori favorable pour
Giovanni Canaletto, tous les autres ayant couru dejà deux fois cette année, certains même quatre fois comme Storm The Stars.

Pour Aidan O'Brien, enjeu capital, car il part pour une quatrième victoire d'affilée avec à priori de très bons chevaux mais pas exceptionnels.
Préférence pour
Hans Holbein qui monte en puissance pour 2400, c'est un fils par Montjeu avec une mère par Shirley Heights (profil idéal sur 2400). Giovanni Canaletto est par Galileo avec une mère par Kingmambo, c'est le propre frère de Ruler Of The World vainqueur du Derby 2013. La surprise peut venir de lui. De Kilimanjaro, exploit quasi impossible.
En l'absence de
Zawrak, les deux Gosden Golden Horn et Jack Hobbs ont tout pour plaire avec le jumelé dans les Dante Stakes car ils ont battu le rentrant Elm Park, l'un des meilleurs 2 ans en Angleterre qui a sans doute pris l'avantage trop tôt sans être aussi prêt que les deux autres. On peut penser qu'Elm Park manque peut-être de tenue (sa mère sans être une championne avait couru sur 2000m, et c'est une fille de miler) mais je pense qu'il peut repasser devant les deux autres.

Golden Horn, c'est une ascendance plaquée or,  son aiëule Sun Princess est la soeur de Nasrullah, mais aussi celle de Dodoma la grand mère de Ginetta  qui elle, un an avant de disparaître prématurément, produira Nasreen qui sera la grand mère du crack Shergar.
Que peut Epicuris (Rail Link) ? Etant par une fille d'Observatory, sa tenue est forcément aléatoire et soumise à vérification (le faire à Epsom par nécessité est un risque). Moyen sur 2000m (cf prix La Force) meilleur sur 2400 ? Au mieux il finit 3-4e, au pire c'est le naufrage...

Pour la victoire, difficile de voir autrement que par Elm Park, Hans Holbein, Golden Horn, Jack Hobbs puis de traiter comme chances secondaires  Storm the Stars, Giovanni Canaletto, Epicuris 
En retrait : Success Days
 

Epsom Derby 2015

Un mot sur les Oaks :
Comme dans le Derby deux Gosden solides,
Star Of Seville, Jazzi Top capables d'un jumelé, qui devront affronter
Jack Naylor sur sa vraie distance de prédilection.
Crystal Zvezda et Lady of Dubai portées par la vague Dubawi.
Legatissimo la lauréate des Guinées qui doit encore encore prouver qu'elle tient les 2400, par une fille de Montjeu.
Together Forever une soeur de Lord Shanakill qui n'a pas dépassé le mile (lauréat d'un Jean Prat qui ne restera pas dans les annales..) suspectée d'être plus apte sur 2000.
Bellajeu une 3/4 soeur du très bon sauteur Overturn, arrière petite flle de Connaught Bridge une gagnante des Yorkshire Oaks et Nassau Stakes (surprise possible).
Diamondsandrubies qui vaut en principe un peu mieux que Crystal Zvezda mais qui est par Fastnet Rock un étalon qui n'a pas vocation à garantir la tenue (mais par une fille de Sadler's Wells)
Qualify qui ne peut guère s'enorgueillir d'un parcours idéal.
Et
Al Naamah, qui tente le coup sans grande certitude après une courte défaite dans un petit Cléopâtre.

Bien qu'on puisse se féliciter des deux candidatures françaises, elles ne sont pas de celles qui permettent d'envisager un podium avec certitude, celles de la Coronation Cup incitent envisager le jumelé plus favorablement avec à l'intérieur trois recalés des Champion Stakes.

Pether's Moon est un vieux Hannon qui peut surprendre mais uniquement quant l'opposition est moyenne.
Romsdal est un Gosden souvent derrière les meilleurs à 3 ans et qui a couru déjà trois fois cette année sans rééllement convaincre.
Pas de quoi à priori s'en effrayer. Voir
Dolnya ou Flintshire battus seraient surprenants. Pas de pluie sur Epsom. Voilà l'opportunité idéale de permettre à Flintshire une revanche et de marquer des points en vue de l'Arc.

AT
31 mai 2015 7 31 /05 /mai /2015 18:40
New Bay depuis l'Equipe 21

Au gré d'une invitation reportée il y a un mois chez des amis de type assez éloignés du cheval, je savais d'avance que j'étais condamné à vivre le Jockey Club en replay, ce qui est finalement assez fréquent, étant assez peu disponible pour subir la logorrhée d'images équidiennes.
Etant également hermétique de façon épidermique à toutes formes de sport, du ballon qui roule à celui qui se lance, tout ce qui court, roule, pédale, saute, je n'ai jamais regardé l'
Equipe 21 mais la chance a voulu que l'ado présent soit un fana de moto-cross et qu'il regarde une compétition de ce sport sur ladite chaîne dans une pièce attenante au salon.

Bien qu'avachi dans le canapé et résistant à une insistante invitation pour une visite oxygénante du jardin, mon oreille a été interpellée par ce que je perçus comme une bande annonce pour le Jockey Club . Usant de la diplomatie la plus lâche, je réussis à me glisser dans la pièce télé pour suivre cette Equipe 21 pendant que les locataires des lieux allaient s'affairer à des choses plus triviales.
Passons sur le lancement (maintenant un peu d'équitation !!!) et des commentaires excessifs d'une animatrice surjouant approximativement toutes ses annonces (et maintenant le Jockey Club.... l'épreuve que tout le monde nous envie en Europe) et de G.Covés avec son "Cymbale" invaincu. Globalement la retransmission a été plutôt plaisante, avec interviews d'entraîneurs stressés menés avec tact par F.Cailler, interventions d'experts parmi lesquels M.Guyon sans monte dans le Jockey Club qui souligne qu'O'Brien est ce qui se fait de mieux en Angleterre (??) et X.Nakkachdji un entraîneur bien sympa qui met l'analyse un peu au-dessus de la moyenne.
Un seul regret : que sitôt la course terminée, l'antenne ait été rendue si rapidement.
Mais promis, à l'occasion, si l'urgence s'y prête, j'y reviendrai.
Pour autant, l'intégration des courses sur une chaîne TV de sport me gêne un peu car j'aime bien l'idée de la singularité du sport hippique, mais il faut reconnaître que le fait de le traiter d'égal à égal (encore que..) est une belle opportunité de conversion aux pur sang et aux jockeys funambules des amateurs de sport scotchés à l'Equipe 21.

Côté sport justement, 
New Bay a planté sa banderille, copié-collé de la Poule, maintenant une telle façon de procéder suscite quelques réserves, gros potentiel, grosse accélération, mais tout ça peut cacher la tenue nécessaire pour évoluer au plus haut niveau sur 2400. A voir les options qui seront prises, maintien sur la distance, Prince d'Orange ?, GP de Paris?, Niel ? ou autres.
Les déceptions : 
KaraktarSilverwave. Pour le premier pas d'excuses, c'est un poulain qui doit aller devant imprimer son train, sera mieux sur 2400 avec un vrai leader. Pour le second, son jockey a pris le risque de longer la lice, et bien sûr n'a pas eu la même latitude que dans le prix La Force, et dans une course sans temps mort, il n'a pas pu relancer efficacement son poulain. On le reverra, y a pas de raison.
Le regret : 
Sumbal, là aussi un peu une affaire de jockey qui s'emmêle les pinceaux pour trouver la bonne trajectoire, et qui termine fort mais trop tard et de trop loin.
War Dispatch, je n'y croyais pas trop, c'est pas mal mais tenue limite.
La vraie belle performance : 
Piment Rouge, pas le vrai cheval de groupe 1, mais il finira par gagner son groupe (Eugéne Adam, Guillaume d'Ornano, Dollar etc..)
Quant à Aidan O'Brien, il réalise là sa meilleure performance en se classant second avec 
Highland Reel, voilà qui va l'inciter à nous en envoyer systématiquement un ou deux tous les ans. Merci de sa fidélité.

Dans le RoyaumontKataniya s'est imposée devant une surprenante Sea Calisi. Pas sûr qu'elle soit une pouliche de Vermeille, mais plutôt à aller sur le prix Minerve et le Royallieu.
Et dans le Sandringham, aux trois premières places, trois pouliches qui n'étaient pas passées par la Poule, ce qui n'est pas très flatteur pour le niveau de la Poule d'Ervediya, eu égard à la contre-performance de 
Mexican Gold.

AT - dans CHRONIQUES
29 mai 2015 5 29 /05 /mai /2015 11:45
Prix du Jockey Club 2015

Le première édition du Jockey Club "amputé" a été gagné par un visiteur, Shamardal, la dernière par un autre visiteur The Grey Gatsby, ce fut les deux seuls. Entre, les lauréats français furent plutôt de bons promoteurs de cette nouvelle version, pour certains devenant ou en train s'affirmer comme de bons étalons comme Lawman, Le Havre, Lope de Vega, tous trois ayant donné rapidement des gagnants de groupes 1. Deux seuls gagnants, Vision d'Etat et Saonois, étaient issus du même étalon français Chichicastenango, à l'époque stationné à Victot mais vendu au Japon à prix fort après la victoire de Vision d'Etat dans le Jockey Club (il s'en est fallu d'ailleurs de peu que Chichicastenango compte trois gagnants dans l'épreuve, son fils Bubble Chic ratant l'exploit de peu d'un petit rien derrière Reliable Man). De quoi regretter amèrement de l'avoir laisser partir, encore qu'en trois saisons de monte, au Japon, jusqu'à sa mort prématurée en 2012, il n'a pas beaucoup produit de très bons chevaux.

Les britanniques scrutent toujours d'assez près notre épreuve, car chez eux les 3 ans sont obligés de passer du mile aux 2400 avant l'été sans épreuve intermédiaire pour les chevaux manquant de tenue.
Pour ceux-ci, sur 2000-2100 (hormis le fait de s'aligner dans un petit groupe III à Royal Ascot (les Tercenary Stakes) ou au Curragh (les Gallinule Stakes) ils devront relever le défi d'affronter les chevaux d'âge dans les Eclipse et les International Stakes, défi relevé à 3 ans plutôt par des cracks comme Giant's Causeway ou Sea The Stars.
Du coup, le Jockey Club avec un montant d'allocations 3 fois supérieur aux Eclipse les tente un peu même avec des chevaux moyens. Pour autant, leurs résultats se sont révélés plutôt modestes avec en plus des deux victoires pré-citées seulement deux podiums depuis 2005.
Parmi eux, depuis 2005,
Aidan O'Brien a aussi présenté treize poulains (il en a même aligné quatre pour l'édition 2009) mais n'a jamais pu trouver la faille. Son seul podium et meilleur résultat sera celui avec Westphalia qui terminera troisième. Tentatives donc si décevantes qu'il n'a pas aligné de participants ces deux dernières années. Et avant 2005, ce n'était guère plus flatteur.

Pour cette édition 2015, O'Brien en présente trois et trouvera à qui parler. Avec
Karaktar, Silverwave, New Bay, War Dispatch, Sumbal, on a en effet là cinq poulains invaincus ou quasi invaincus dotés du potentiel pour vaincre. Préférence honteusement chauvine pour Silverwave (entraîné par A.Couetil, un ex assistant d'A.Fabre) car c'est l'un trois concurrents issus d'un étalon français et pour Sumbal car c'est un fils d Alix Road (on attend aussi avec impatience les débuts, plutôt en 2016, de sa soeur Lily Passion par Sea The stars qui est chez Pascal Bary).
Sinon,
New Bay, c'est le parcours du poulain préservé avec un début prudent à 2 ans, une victoire dans le Machado sans foulées ostentatoires et une fin de course entâchée de regrets (mais prometteuse) dans la Poule, un pedigree par Dubawi et une fille de Zamindar qui lui garantit une semi-tenue sur 2100.
Karaktar a progressé de façon cohérente à 2 ans concluant modestement dans le Thomas Bryon. Puis à 3 ans, un sans faute, et plus avec la manière, ne se laissant pas approché sur 2100. En principe, le cheval de la course, fils d'High Chaparral et d'une fille de King's Best qui n'a pas produit que des milers (cf Workforce, Best Name) un poulain profilé pour aller sur l'Arc.
War Dispatch, c'est le profil inverse, quasi déplaisant, allant vers la facilité, battant des modestes sur le sable puis grimpant jusqu'à gagner le prix de Guiche. Pas mauvais, en principe capable de jouer un mauvais tour (par War Front qui produit peu sur long) mais qui n'a pas été envoyé sur le Noailles ou le Greffuhle .
Puis il y a
Mostaneer, passé par les pistes secondaires, faisant une rentrée correcte ligne droite sur 1800, un profil (par Dutch Art et une fille de King's Best) qui fixe une limite très claire à sa tenue. Devrait terminer les 2100 en apnée..

Piment Rouge c'est la petite déception du printemps. Vu l'opposition cette fois-ci, il tente sa chance mais ne pourra viser au mieux que la dernière marche du podium.
Pour terminer, les trop ambiteux,
High Dynamite un pur Quesnay, nettement dominé dans le Noailles, Kahouanne un précoce à profil de sprinter qui n'a aucune margen, Campione dominé par Grey Lion en débutant mais transparent dans le Noailles et le Guiche, et Listan un poulain du Sud-Ouest battu par Helisa un bonne pouliche de F.Rohaut,. quatre poulains dont une performance meilleure qu'une cinquième place reléverait de l'exploit.

Pour contrarier l'ambition des français, trois O'Brien,
Cape Clear Island un 3/4 frère de l'excellent Sea Moon, capable de faire 3-4ème mais ambitionnant sans doute le Grand Prix de Paris, Highland Reel un Galileo de souche australienne, 3/4 frère du crack Elvstroem qui avait tenté les Prince Of Wales et l'Ispahan, et War Envoy un poulain qui aurait pu débuter à Pau et qui a été mis à toutes les sauces.

En marge dans le Sandringham,
Mexican Gold n'a pas à priori trop à craindre l'opposition.
Par contre dans le
Royaumont, chances égales pour beaucoup de concurrentes avec un léger avantage par les origines pour l'Aga Khan
Kataniya une soeur de Katiyra entraînée Oxx venue briguer l'Opéra et Ame Bleue une fille d 'Aquarelliste.
Pour autant,
Sea Calisi, une soeur de Timos, a la solidité et l'endurance pour créer la surprise, un peu plus que Bella Donna Borget pourtant invaincue, et sans un peu moins que l'anglaise Toujours l'Amour qui a de très bonnes lignes après sa victoire à Lingfield ou que la Wildenstein Lady Of Kyushu affiliée à l'Arc Winner Detroit

 

AT - dans CHRONIQUES
25 mai 2015 1 25 /05 /mai /2015 18:45
Ispahan, St Alary sous affluence minimale

Ce 24 mai, les deux grands épreuves du jour se sont déroulées dans un décor attristant, sans foule, sans passion,  devant quelques spectateurs, j'ai même vu un touriste japonais en repérage d'Arc (sans doute saisissant cette belle opportunité de duels entre cracks) éberlué, perdu entre quelques turfistes avachis sur les bancs, effrayé à l'idée de s'être trompé de date.

Côté sportif, Solow a confirmé sa stature et devra désormais prouver (curieusement) sa prédominance européenne à Royal Ascot,  face à un cheval hongkongais et et un cheval australien.
Le Saint Alary a été subtilisé en quelques foulées par
Queen's Jewel devant d'honnêtes et valeureuses concurrentes et va tenter le doublé à Chantilly avec en point de mire le Vermeille, leurs dernières victoires Wertheimer dans le Diane étant Egyptband en 2000 et Reine de Saba (arrière grand-mère d'Egyptband) en 1978, celle dans le Vermeille étant Dancing Maid en 1978. Donc, pas d'incursion outre-Manche bien que son nom puisse incliner à un retour dans l'Enclosure Royale à l'occasion des Coronation Stakes (un espoir toutefois de la voir plus tard dans les Nassau Stakes ou les Yorkshire Oaks (pour tester sa tenue sur 2400).

Dans le Vicomtesse Vigier, Tac de Boistron n'ayant pas trouvé le niveau d'humidité souhaité,
Sarrasin en a profité pour laisser croire qu'il puisse être un prétendant au Grand Prix de Paris. Son pedigree lui donne pour l'instant raison. Gagnant d'un petit Caracalla, fils d'High Chaparral, souche Wildenstein, c'est un 3/4 frère de Sano Di Pietro placé dans le prix du Lys, une souche qui puise sa source dans la solidité germanique, de celle qui a donné Stacelita et Sagace, une filiation avantageuse , à lui d'y faire honneur.

Pour terminer avec l'affluence clairsemée offerte aux champions, il est possible de voir dans cette photo de volatiles passifs tournant le dos au St Alary sur le point de partir une analogie avec les belles plumes qui manquent à la presse hippique, celles qui, il n'y a pas si longtemps, faisaient rayonner une influence bénéfique dans les médias nationaux et généralistes...


Ispahan, St Alary sous affluence minimale
AT - dans CHRONIQUES

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